Tiremesù
FR
Comprendre · Déployer

Carte d'écosystème (ecosystem map)

Prenez du recul sur un service et dessinez tout le domaine : les organisations en jeu, ce que chacune donne et reçoit, et où la valeur se perd.

Durée
60 min
Participants
4–8
Type de travail
Comprendre · Déployer
Une cheffe d'équipe explique une idée à l'équipe.

En bref

Une carte d'écosystème représente les nombreuses organisations qui agissent autour d'un objectif commun et la valeur qui circule entre elles : argent, données, orientations, autorisations, confiance. Nommez l'objectif, listez les acteurs par type, tracez ce que chacun donne et reçoit, puis signalez les manques, les doublons et les partenaires nécessaires au passage à l'échelle.

De quoi s'agit-il

Une carte d'écosystème porte sur un domaine plutôt que sur un service. Vous partez d'un objectif qu'aucune organisation ne peut atteindre seule, comme « davantage de petites entreprises alimentaires passent le cap des deux ans », et vous placez autour toutes les organisations qui l'influencent : administrations, entreprises privées, financeurs, associations, plateformes et les personnes concernées par l'objectif. Les lignes entre elles montrent la valeur échangée, formulée comme ce que l'un donne et ce que l'autre reçoit.

La cartographie d'écosystème est très utilisée en design de service et en design systémique quand le travail doit franchir les frontières entre organisations. On la confond facilement avec deux voisines. Une carte systémique montre un service de l'intérieur, autour d'une personne. Une cartographie des parties prenantes classe les personnes selon leur intérêt et leur influence pour organiser leur implication. Une carte d'écosystème montre de nombreuses organisations et la valeur qui circule entre elles : vous voyez avec qui vous associer, où les efforts font doublon et comment une solution éprouvée pourrait se diffuser. Dans cette fiche, vous consignez l'objectif commun, les acteurs, ce que chacun donne, ce que chacun reçoit, les manques et doublons, et les partenaires nécessaires au passage à l'échelle.

Quand l'utiliser

À utiliser quand

  • Un service a fait ses preuves à un endroit et vous voulez l'étendre via d'autres entités que vous ne dirigez pas.
  • Plusieurs administrations, entreprises et associations travaillent toutes sur le même objectif et personne n'a d'image commune de qui fait quoi.
  • Vous concevez un partenariat ou une plateforme et devez savoir ce que chaque partenaire gagnerait à y participer.
  • Les programmes se chevauchent sans cesse, et la direction veut voir où l'accompagnement fait doublon et où des personnes passent entre les mailles.
  • Vous rédigez la stratégie d'un secteur et devez montrer la place de votre organisation parmi les autres.

À éviter quand

  • Votre question porte sur les raisons pour lesquelles un service échoue auprès de ses usagers. Une carte systémique ou un service blueprint trouvera la cause plus vite.
  • Il s'agit seulement de décider qui consulter et à quelle fréquence. Une cartographie des parties prenantes ou un plan de communication suffit.
  • Le domaine est dominé par une seule organisation qui gère tout de bout en bout ; il y a peu d'échanges à cartographier.

Ce qu'il vous faut

Durée
Environ 60 minutes pour une première carte, plus de courtes conversations avec deux ou trois acteurs pour vérifier les lignes de valeur.
Participants
4 à 8 personnes qui, ensemble, connaissent le domaine : votre équipe et, idéalement, une ou deux personnes d'organisations partenaires.
Matériel
Un grand tableau, des post-it d'une couleur par type d'acteur, un feutre pour les lignes de valeur, et toute liste existante de programmes, de partenaires ou de prestataires référencés.

Comment la mener

  1. Étape 1: Nommer l'objectif commun

    Écrivez au centre du tableau l'objectif auquel contribue tout le domaine, en des termes que chaque acteur pourrait accepter, par exemple « davantage d'activités alimentaires à domicile obtiennent une licence et restent ouvertes ». Un objectif, plutôt que votre propre service, évite que la carte devienne un portrait de votre organisation.

    Courte rangée de petites agences privées de démarches, chacune avec un simple panneau de tarifs
  2. Étape 2: Lister les acteurs par type

    Ajoutez chaque organisation qui influe sur l'objectif, un post-it chacune, avec une couleur par type : public, privé, financeurs, associatif, plateformes, et les personnes concernées par l'objectif. Désignez les organisations par leur rôle, comme « appli de livraison » ou « fonds régional de développement », pour pouvoir partager la carte.

  3. Étape 3: Tracer ce que chacun donne et reçoit

    Pour chaque paire d'acteurs en relation, tracez une ligne et écrivez deux courtes étiquettes : ce qui circule dans un sens et ce qui revient. La valeur peut être de l'argent, des données, des orientations, des clients, des autorisations, des conseils, de la réputation ou de la confiance. Une ligne où la valeur ne circule que dans un sens mérite qu'on s'y arrête.

  4. Étape 4: Repérer les manques et les doublons

    Signalez les endroits où les personnes concernées ont besoin de quelque chose que personne ne fournit, où trois acteurs proposent la même chose, et où un intermédiaire prélève de la valeur sans apporter grand-chose. Entourez les acteurs qui concentrent beaucoup de lignes : ce sont souvent eux qui peuvent faire aboutir ou bloquer un changement.

    Mur de feuilles d'idées reliées par des traits
  5. Étape 5: La vérifier auprès des acteurs

    Avant de vous fier à la carte, testez les lignes de valeur auprès d'une ou deux des organisations qui y figurent. Demandez-leur ce qu'elles retirent réellement de la relation. Leurs réponses diffèrent souvent de ce que la salle supposait, et cet écart est en soi un constat.

  6. Étape 6: Signaler les partenaires du passage à l'échelle

    Si vous diffusez une solution, indiquez quels acteurs touchent déjà les personnes visées, lesquels détiennent une autorisation ou des données dont vous dépendez, et ce que chacun gagnerait à participer. Écrivez ce gain en clair à côté de chacun ; un partenaire qui n'a rien à gagner ne restera pas.

  7. Étape 7: Consigner et attribuer

    Convenez de deux ou trois actions suggérées par la carte, comme un partenariat à ouvrir, un doublon à résoudre ou un manque à combler, et nommez qui portera chacune. Datez la carte ; les écosystèmes évoluent vite, prévoyez donc de la revoir tous les six à douze mois.

Exemple concret

Une municipalité avait expérimenté dans deux arrondissements une licence accélérée pour les activités alimentaires à domicile, faisant passer le délai moyen d'obtention de 41 à 12 jours. Elle voulait désormais étendre le dispositif aux 14 arrondissements, mais environ 2 300 vendeurs de plats faits maison vendaient sur les réseaux sociaux et les applis de livraison sans aucune licence.

Six personnes se sont réunies une heure : la responsable des licences, un inspecteur de la sécurité sanitaire, le responsable de l'accompagnement des petites entreprises de la municipalité, une chargée de programme d'un fonds régional de développement, un responsable des partenariats d'une appli de livraison et une représentante d'une association de femmes du quartier.

Elles ont écrit l'objectif « davantage d'activités alimentaires à domicile obtiennent une licence et restent ouvertes » et placé 21 acteurs autour, de l'autorité de sécurité alimentaire et de la protection civile aux cabinets de formalités privés, aux banques, aux fournisseurs d'emballages et à trois organismes de formation.

Les lignes de valeur ont montré que les cabinets de formalités facturaient aux demandeurs le dépôt du dossier, alors que l'accompagnement gratuit de la municipalité ne touchait presque personne. Les vendeurs payaient pour une aide que le système offrait déjà.

Trois acteurs, le fonds de développement et deux organismes de formation, proposaient des formations à l'hygiène alimentaire presque identiques, sans qu'aucune ne compte pour la licence.

L'appli de livraison concentrait le plus de lignes sur la carte. Elle touchait déjà la plupart des vendeurs sans licence, et son responsable a indiqué qu'un badge « licence » sur les fiches l'aiderait à tenir ses propres engagements en matière de sécurité alimentaire.

Le groupe a convenu de trois actions : un pilote avec l'appli de livraison pour intégrer la démarche de licence à l'inscription des vendeurs, la reconnaissance d'une formation commune à l'hygiène, et une discussion avec les cabinets de formalités sur un tarif réduit et affiché. Chaque action avait un responsable nommé et une date de revue à trois mois.

À titre illustratif

Conseils et erreurs

Conseils

  • Formulez la valeur avec un verbe de chaque côté de la ligne, comme « obtient des clients » ou « donne son accord ». Cela oblige le groupe à être précis.
  • Faites figurer les personnes concernées par l'objectif comme acteurs sur la carte, pas seulement au centre. Elles aussi donnent et reçoivent de la valeur.
  • Cherchez l'acteur auquel personne dans la salle n'a pensé. Les intermédiaires informels occupent souvent une plus grande part de l'écosystème que les officiels.
  • Gardez une version de la carte sans noms d'organisations si vous comptez la diffuser hors de l'équipe.

Erreurs fréquentes

  • Placer votre propre organisation au centre au lieu de l'objectif commun, ce qui masque les acteurs qui comptent le plus.
  • Tracer des lignes sans étiquettes, si bien que la carte montre des liens mais pas leur raison d'être.
  • Tenir la carte pour un fait avant d'avoir vérifié les lignes de valeur auprès des organisations concernées.
  • Y mêler le détail d'un service, ce qui transforme la carte d'écosystème en carte systémique surchargée.

Ce que vous obtenez

Vous repartez avec une carte d'écosystème datée qui montre l'objectif commun, les acteurs par type, la valeur que chacun donne et reçoit, les manques et les doublons, et les partenaires nécessaires au passage à l'échelle, plus deux ou trois actions convenues avec leurs responsables. Une suite naturelle est un argumentaire de valeur pour le passage à l'échelle, ou des entretiens avec les parties prenantes auprès des partenaires repérés.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une carte d'écosystème et une carte systémique ?

Une carte systémique montre un service de l'intérieur, autour d'une personne, et les flux qui le font fonctionner ou échouer. Une carte d'écosystème montre de nombreuses organisations autour d'un objectif commun et la valeur qu'elles échangent. La carte systémique sert à réparer un service, la carte d'écosystème à bâtir des partenariats et à passer à l'échelle.

Quelle différence entre une carte d'écosystème et une cartographie des parties prenantes ?

Une cartographie des parties prenantes place personnes et groupes selon qu'ils sont plus ou moins concernés et influents, pour décider comment les impliquer. Une carte d'écosystème porte sur l'échange : ce que chaque organisation donne et reçoit. Une même organisation peut figurer sur les deux, pour des raisons différentes.

Quelle taille doit avoir une carte d'écosystème ?

Pour une première version, 15 à 30 acteurs couvrent en général un domaine assez bien pour agir. Si la carte grossit beaucoup, regroupez les acteurs semblables, comme « organismes de formation », sur un seul post-it et ne les détaillez que là où c'est utile.

Fiche de l'outil

La fiche de travail que remplit votre équipe, une case par rubrique.

Carte d'écosystème (ecosystem map)Aperçu de la fiche
  • Objectif commun
  • Acteurs par type
  • Ce que chacun donne
  • Ce que chacun reçoit
  • Manques et doublons
  • Partenaires du passage à l'échelle
Bientôt disponible

Apprenez la méthode. Menez-la avec votre équipe.

Nous ouvrons d'abord aux praticiens invités, puis aux organisations.

Rejoindre la liste d'attenteUn seul message quand votre invitation est prête. Rien d'autre.